🩺 Articulations · Urgence : Élevée

Rupture du ligament croisé chez le chien

La rupture du ligament croisé crânial déstabilise le genou et provoque une boiterie souvent brutale. C’est l’une des lésions orthopédiques les plus courantes chez le chien.

Symptômes à repérer

  • Boiterie soudaine d’un membre postérieur
  • Refus de prendre appui sur la patte
  • Gonflement du genou
  • Difficulté à se lever, démarche raide

Causes et facteurs de risque

Dégénérescence progressive du ligament, surpoids, et prédisposition chez certaines races. Un mouvement de torsion peut déclencher la rupture finale.

Prévention et prise en charge

Contrôle du poids et musculature entretenue réduisent le risque. Le traitement est le plus souvent chirurgical, suivi d’une rééducation.

Quand consulter un vétérinaire ?

Rapidement en cas de boiterie marquée et persistante d’un postérieur.

Le rôle du ligament croisé et ce qui le fait céder

Le ligament croisé crânial (appelé ligament croisé antérieur chez l’humain) est l’un des principaux stabilisateurs du genou du chien, qu’on appelle le grasset. Il empêche le tibia de glisser anormalement vers l’avant lors de l’appui. Entre le fémur et le tibia se trouve aussi le ménisque, un cartilage qui absorbe les chocs et qui peut être abîmé quand le ligament est rompu.

On distingue deux schémas. La rupture traumatique est brutale : appui violent avec rotation excessive, chute, accident. Elle touche surtout les chiens sportifs, de chasse ou de travail. La rupture partielle chronique touche le chien : le ligament s’effiloche progressivement, ce qui provoque une inflammation sévère de l’articulation et une arthrose marquée. Selon l’American College of Veterinary Surgeons, la rupture résulte le plus souvent d’une dégénérescence lente qui s’étale sur des mois, voire des années, plutôt que d’un traumatisme sur un ligament sain, ce qui est rare. Lorsque le ligament est très affaibli, un simple faux mouvement ou une surcharge de l’articulation suffit à le rompre, en totalité ou en partie.

Les chiens concernés et les facteurs de risque

  • AniCura France cite la conformation du grasset, notamment une forte pente du plateau tibial, qui augmente les contraintes subies par le ligament ;
  • l’âge avancé, l’obésité, les races de grande taille et les chiens qui tendent à l’hyperextension de l’articulation ;
  • un exercice irrégulier et intensif, par exemple à la chasse ou lors de jeux violents ;
  • la race : AniCura France cite le labrador, le rottweiler, le boxer, le terre-neuve, le cane corso, le bouvier bernois et le jack russell ; le CHUV de l’Université de Montréal ajoute notamment le staffordshire terrier, le mastiff, l’akita, le saint-bernard et le chesapeake bay retriever. Une hérédité génétique a été démontrée chez le terre-neuve et le labrador ;
  • une mauvaise condition physique et un excès de poids, deux facteurs sur lesquels le propriétaire peut agir.

La maladie n’est pas réservée aux chiens âgés : les formes partielles chroniques peuvent s’installer dès l’âge d’un an et sont souvent confondues avec d’autres troubles orthopédiques, notamment la dysplasie de la hanche.

Les signes qui doivent alerter

Les signes varient. Lors d’une rupture traumatique, la boiterie est brutale, sévère, avec perte d’appui. Lors d’une rupture partielle, elle est insidieuse, progressive et plus marquée après le repos ou l’effort ; le propriétaire remarque souvent une simple fatigabilité. Autres signes cités par les sources :

  • difficulté à se lever ou à sauter dans la voiture, rigidité, réticence à jouer, activité réduite ;
  • genou gonflé et douloureux, surtout du côté intérieur ;
  • en position assise, patte tenue étendue sans appui au lieu d’être pliée ;
  • fonte musculaire du membre atteint, signe qui oriente vers une atteinte ancienne ;
  • un bruit de claquement, qui peut indiquer une lésion du ménisque ;
  • si les deux genoux sont touchés : poids reporté sur les pattes avant et dos voûté.

Au bout de quelques semaines, certains chiens reprennent appui en marchant mais évitent de s’appuyer au repos : cette amélioration apparente ne signifie pas que le genou est stable.

Comment le vétérinaire pose le diagnostic

Le vétérinaire observe la démarche à différentes allures, puis teste manuellement la stabilité de l’articulation. Le signe principal est le « signe du tiroir » : le tibia avance de façon anormale par rapport au fémur. Ce test est parfois plus facile à réaliser sous tranquillisation. Les radiographies, généralement faites sous sédation, confirment un épanchement articulaire, évaluent le degré d’arthrose, mesurent la pente du plateau tibial, préparent la chirurgie et écartent d’autres maladies. Les déchirures partielles sont parfois plus difficiles à diagnostiquer.

Le traitement : pourquoi la chirurgie est le plus souvent recommandée

AniCura France et le CHUV s’accordent : le traitement chirurgical est généralement la meilleure option, car c’est le seul moyen de contrôler durablement l’instabilité du genou. Selon le CHUV, l’objectif n’est pas de réparer le ligament : une fois la déchirure commencée, il ne peut plus guérir. Si le ménisque est abîmé, la partie lésée est retirée pendant l’intervention. Selon AniCura France, les traitements médicaux contre la douleur et l’inflammation apportent un soulagement transitoire mais ne limitent pas l’installation de l’arthrose, et un ménisque altéré peut causer une douleur très sévère qui répond peu aux traitements antidouleur courants.

Les techniques se répartissent en deux familles :

  • Les techniques par ostéotomie (TPLO, avancement de la tubérosité tibiale ou TTA) modifient la mécanique du genou en coupant puis en réorientant l’os, de sorte que le genou soit stable sans ligament. Elles offrent, selon le CHUV, de meilleurs résultats chez les grands chiens, avec moins de progression de l’arthrite. L’inconvénient est la nécessité d’une cicatrisation osseuse ; les complications sont rares avec un chirurgien certifié expérimenté. Aucune donnée publiée ne place une technique au-dessus de l’autre : le choix repose sur l’expérience du chirurgien.
  • Les techniques par suture, le plus souvent placées en dehors de l’articulation, imitent le ligament. Elles sont moins coûteuses et nécessitent une formation moins spécialisée, mais exposent à plus de complications chez les chiens grands et jeunes. De nombreux chirurgiens les réservent aux chiens de petite race, âgés ou peu actifs.

AniCura France indique qu’un traitement conservateur peut parfois être envisagé chez les chiens de petite taille : limitation stricte de l’activité pendant 4 à 6 semaines avec traitement contre la douleur, mais uniquement dans des cas très ciblés. Le CHUV précise que cette voie est généralement limitée aux chiens qui ne peuvent pas être opérés (contraintes financières, maladie) et que la douleur persiste puisque l’instabilité demeure. Pour les orthèses de genou, le CHUV indique qu’il n’existe pas assez de preuves pour les recommander.

La convalescence et le pronostic

Après l’opération, AniCura France indique repos, promenades limitées en laisse pendant environ 6 à 10 semaines et séances de rééducation. Le CHUV insiste : des activités prématurées ou excessives risquent de faire échouer la réparation et d’imposer une nouvelle chirurgie. La rééducation (équilibre, promenades contrôlées, hydrothérapie) accélère la récupération. Après une ligamentoplastie, le résultat optimal est noté 4 à 8 mois après l’intervention ; la TPLO et la TTA permettent une récupération plus rapide.

Le pronostic est bon : le CHUV cite des améliorations significatives dans 85 à 90 % des cas après réparation chirurgicale. AniCura France le qualifie de très bon à excellent en cas de prise en charge précoce. Plus l’opération est retardée, plus l’arthrose pèse sur le résultat : dès 4 semaines après la rupture, les premiers signes d’arthrose apparaissent.

L’autre genou et la prévention

Selon le CHUV, 40 à 60 % des chiens atteints d’un genou développent un problème similaire dans l’autre genou à un moment donné. On ne peut pas supprimer toute prédisposition, mais on peut agir sur le poids et la condition physique : une activité régulière et modérée, un apport alimentaire surveillé pour garder une masse corporelle maigre. La perte de poids est considérée comme critique pour tout chien en surpoids atteint, quel que soit le traitement.

Questions fréquentes

Mon chien boite d’une patte arrière : est-ce forcément un ligament croisé ?

Non, mais c’est l’une des causes les plus fréquentes de boiterie du membre postérieur. Seul un examen vétérinaire (test du tiroir, radiographies) permet de trancher.

Peut-on traiter sans opération ?

Parfois, chez certains petits chiens, avec une limitation stricte de l’activité pendant 4 à 6 semaines. Pour la plupart des chiens, les deux sources recommandent la chirurgie, car la douleur et l’arthrose continuent à progresser sans stabilisation.

Combien de temps dure la récupération ?

Compter environ 6 à 10 semaines de repos et de promenades en laisse après l’opération selon AniCura France, avec de la rééducation. Le résultat optimal d’une ligamentoplastie est noté 4 à 8 mois après l’intervention.

Sources (consultées le 9 octobre 2026) : AniCura France, Rupture des ligaments croisés chez le chien ; CHUV de l’Université de Montréal (fiche de l’American College of Veterinary Surgeons), Rupture du ligament croisé chez le chien.

Races particulièrement prédisposées

D'après les affections sur-représentées par race (Dog Aging Project). Le facteur « × » indique combien de fois l'affection y est plus fréquente que dans la moyenne des chiens. Une prédisposition n'est pas une fatalité.

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Information générale à visée éducative, ne remplaçant pas une consultation. Les prédispositions par race proviennent du Dog Aging Project (McNulty et al., 2023, CC BY). En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.

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