La maladie discale intervertébrale (IVDD) survient lorsqu’un disque situé entre deux vertèbres se déplace ou se rompt et comprime la moelle épinière. Elle touche en particulier les races à dos long et pattes courtes.
Conformation chondrodystrophique (dos long), surpoids, sauts répétés et âge. Forte composante de race.
Éviter les sauts depuis les meubles, utiliser des rampes, maîtriser le poids et limiter les escaliers chez les races à risque.
Urgence : toute paralysie, faiblesse soudaine des postérieurs ou douleur dorsale aiguë impose une consultation immédiate.
Entre les vertèbres se trouvent des disques qui permettent au chien de plier, d’étirer et de tourner le dos, et qui amortissent les vertèbres. Chaque disque comprend un anneau de cartilage et un noyau gélatineux, le nucleus pulposus, un peu comme la garniture d’un sandwich. Avec l’âge, les disques peuvent se calcifier, ce qui réduit la souplesse du chien. Un disque peut aussi être écrasé, par un traumatisme par exemple, et se rompre : il repousse alors la moelle épinière. C’est ce que l’on appelle souvent une hernie discale.
Selon l’American College of Veterinary Surgeons (ACVS), la rupture provoque deux types de lésions de la moelle épinière, une compression et une contusion. L’étendue des dégâts dépend du type de force, de son intensité et du temps pendant lequel elle s’est exercée. Une lésion relativement légère entraîne un défaut de coordination, avec une démarche de « marin ivre ». Une lésion plus importante fait perdre la marche ou le mouvement volontaire des pattes. Dans les cas les plus graves, le chien perd toute sensibilité à la douleur.
Un test génétique peut estimer le risque. D’après Cornell, environ 10 % des chiens porteurs de deux copies de l’anomalie développent un jour un problème de disque, et les éleveurs peuvent s’en servir pour choisir leurs accouplements.
Cornell décrit un chien qui évite de tourner la tête d’un côté, qui s’approche de sa gamelle sans manger ni boire, puis mange à nouveau si l’on surélève la gamelle : la position est plus confortable. Il peut marcher de façon chancelante, paraître faible de l’arrière-train et, si l’atteinte est sévère, rester paralysé, incapable de se lever ou d’utiliser ses pattes arrière. Il peut aussi être incontinent.
Quand les nerfs sont atteints, l’ACVS décrit une progression prévisible : douleur du dos ou du cou, démarche chancelante avec des pieds arrière qui se croisent, perte complète de la motricité des postérieurs (souvent avec incapacité à uriner et à vider la vessie), puis perte de la sensibilité à la douleur, signe de lésion grave de la moelle. Un chien qui souffre peut grogner ou mordre, même s’il est d’ordinaire très doux : cela traduit sa douleur.
Le premier temps est un examen physique complet, qui suffit souvent pour un cas léger ; des radiographies peuvent s’y ajouter. Si la douleur est plus que légère, une consultation chez un neurologue vétérinaire peut être proposée, avec une IRM ou un scanner. L’ACVS cite aussi la prise de sang, l’analyse d’urine, la myélographie (radiographies après injection d’un produit de contraste autour de la moelle) et parfois une ponction du liquide céphalo-rachidien. L’imagerie permet de distinguer une dégénérescence de disque d’un autre problème, une tumeur par exemple. Le vétérinaire choisit les examens utiles selon le cas.
Pour un premier épisode avec des déficits neurologiques légers, le traitement médical consiste en repos strict en cage ou en espace confiné, antidouleurs et parfois myorelaxants. Si une chirurgie est recommandée, Cornell insiste : il ne faut pas attendre, car plus le délai s’allonge, plus la moelle risque de s’abîmer au point de ne plus récupérer. L’ACVS considère la rupture de disque comme une véritable urgence chirurgicale. L’intervention consiste à retirer l’os au-dessus du canal vertébral pour extraire le disque et libérer la moelle.
Après la chirurgie, l’ACVS indique que la plupart des animaux sortent après 3 à 7 jours. Le repos strict dure au moins 4 semaines, avec si nécessaire une vidange de la vessie 3 à 4 fois par jour et de la rééducation pour la force et la souplesse musculaires. Cornell mentionne ensuite un programme de promenades très progressif, éventuellement de la rééducation (laser, tapis roulant sous l’eau). La récupération se compte en semaines, voire en mois.
Selon l’ACVS, si le chien perçoit encore la douleur, la chirurgie permet à 90 % d’entre eux de remarcher, avec parfois une démarche encore chancelante ; le traitement médical strict permet à 60 à 80 % de retrouver l’usage de leurs membres. Si la sensibilité à la douleur est perdue, 50 à 60 % récupèrent après chirurgie, contre moins de 10 % avec un traitement médical seul. La récupération est en général beaucoup plus longue sans chirurgie. Environ 25 % des chiens connaissent une nouvelle hernie plus tard.
Il est difficile de prévenir une atteinte de la colonne, mais on peut réduire le risque. Cornell conseille de garder le chien mince et en forme, de limiter les escaliers et les sauts sur un lit, un canapé ou depuis une terrasse, et de privilégier des activités raisonnables : la marche convient à tous les chiens, les bonds pour attraper un jouet beaucoup moins. L’ACVS recommande, après une hernie, la perte de poids, un harnais plutôt qu’une laisse fixée au collier, et moins de sauts depuis les meubles. Au premier signe de douleur dorsale, contactez le vétérinaire. Une perte de contrôle urinaire ou une faiblesse des pattes arrière sont un motif de consultation en urgence. Voir aussi la fiche incontinence urinaire : une lésion de la moelle peut perturber la miction.
Dans les cas légers d’un premier épisode, le traitement médical (repos strict, antidouleurs) est une option, selon l’ACVS et Cornell. Au-delà, c’est le vétérinaire, ou le chirurgien vers lequel il oriente, qui décide.
Souvent oui s’il ressent encore la douleur : l’ACVS cite 90 % de récupération après chirurgie. Si la sensibilité à la douleur est perdue depuis un certain temps, le pronostic est plus réservé.
Elle se compte en semaines à mois. Après chirurgie, le repos strict dure au moins 4 semaines, puis l’exercice est repris progressivement sous contrôle du vétérinaire.
Sources (consultées le 7 octobre 2026) : Cornell University College of Veterinary Medicine, Intervertebral disc disease ; American College of Veterinary Surgeons, Intervertebral Disc Disease.
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Information générale à visée éducative, ne remplaçant pas une consultation. Les prédispositions par race proviennent du Dog Aging Project (McNulty et al., 2023, CC BY). En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.