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Hernie discale (IVDD) chez le chien

La maladie discale intervertébrale (IVDD) survient lorsqu’un disque situé entre deux vertèbres se déplace ou se rompt et comprime la moelle épinière. Elle touche en particulier les races à dos long et pattes courtes.

Symptômes à repérer

  • Dos voussé, raideur, cris à la manipulation
  • Refus de sauter ou de monter
  • Faiblesse, traînage des pattes
  • Dans les cas graves : paralysie et perte du contrôle urinaire

Causes et facteurs de risque

Conformation chondrodystrophique (dos long), surpoids, sauts répétés et âge. Forte composante de race.

Prévention et prise en charge

Éviter les sauts depuis les meubles, utiliser des rampes, maîtriser le poids et limiter les escaliers chez les races à risque.

Quand consulter un vétérinaire ?

Urgence : toute paralysie, faiblesse soudaine des postérieurs ou douleur dorsale aiguë impose une consultation immédiate.

Que se passe-t-il dans la colonne vertébrale ?

Entre les vertèbres se trouvent des disques qui permettent au chien de plier, d’étirer et de tourner le dos, et qui amortissent les vertèbres. Chaque disque comprend un anneau de cartilage et un noyau gélatineux, le nucleus pulposus, un peu comme la garniture d’un sandwich. Avec l’âge, les disques peuvent se calcifier, ce qui réduit la souplesse du chien. Un disque peut aussi être écrasé, par un traumatisme par exemple, et se rompre : il repousse alors la moelle épinière. C’est ce que l’on appelle souvent une hernie discale.

Selon l’American College of Veterinary Surgeons (ACVS), la rupture provoque deux types de lésions de la moelle épinière, une compression et une contusion. L’étendue des dégâts dépend du type de force, de son intensité et du temps pendant lequel elle s’est exercée. Une lésion relativement légère entraîne un défaut de coordination, avec une démarche de « marin ivre ». Une lésion plus importante fait perdre la marche ou le mouvement volontaire des pattes. Dans les cas les plus graves, le chien perd toute sensibilité à la douleur.

Les chiens concernés et la localisation

  • Les races chondrodystrophiques (teckel, pékinois, beagle, lhassa apso…) représentent la grande majorité des ruptures de disque. Le teckel compte pour 45 à 70 % des cas selon l’ACVS, et Cornell cite une estimation de 40 à 75 %.
  • Chez ces chiens, les signes apparaissent en moyenne entre 3 et 6 ans, alors que la calcification des disques peut être visible à la radiographie dès 2 ans.
  • Les races non chondrodystrophiques (labrador, berger allemand…) sont généralement touchées entre 5 et 12 ans.
  • Les disques de la région thoraco-lombaire (le dos) représentent 65 % des ruptures, ceux du cou jusqu’à 18 % des cas.

Un test génétique peut estimer le risque. D’après Cornell, environ 10 % des chiens porteurs de deux copies de l’anomalie développent un jour un problème de disque, et les éleveurs peuvent s’en servir pour choisir leurs accouplements.

Les signes d’alerte

Cornell décrit un chien qui évite de tourner la tête d’un côté, qui s’approche de sa gamelle sans manger ni boire, puis mange à nouveau si l’on surélève la gamelle : la position est plus confortable. Il peut marcher de façon chancelante, paraître faible de l’arrière-train et, si l’atteinte est sévère, rester paralysé, incapable de se lever ou d’utiliser ses pattes arrière. Il peut aussi être incontinent.

Quand les nerfs sont atteints, l’ACVS décrit une progression prévisible : douleur du dos ou du cou, démarche chancelante avec des pieds arrière qui se croisent, perte complète de la motricité des postérieurs (souvent avec incapacité à uriner et à vider la vessie), puis perte de la sensibilité à la douleur, signe de lésion grave de la moelle. Un chien qui souffre peut grogner ou mordre, même s’il est d’ordinaire très doux : cela traduit sa douleur.

Comment le vétérinaire pose le diagnostic

Le premier temps est un examen physique complet, qui suffit souvent pour un cas léger ; des radiographies peuvent s’y ajouter. Si la douleur est plus que légère, une consultation chez un neurologue vétérinaire peut être proposée, avec une IRM ou un scanner. L’ACVS cite aussi la prise de sang, l’analyse d’urine, la myélographie (radiographies après injection d’un produit de contraste autour de la moelle) et parfois une ponction du liquide céphalo-rachidien. L’imagerie permet de distinguer une dégénérescence de disque d’un autre problème, une tumeur par exemple. Le vétérinaire choisit les examens utiles selon le cas.

Le traitement et la récupération

Pour un premier épisode avec des déficits neurologiques légers, le traitement médical consiste en repos strict en cage ou en espace confiné, antidouleurs et parfois myorelaxants. Si une chirurgie est recommandée, Cornell insiste : il ne faut pas attendre, car plus le délai s’allonge, plus la moelle risque de s’abîmer au point de ne plus récupérer. L’ACVS considère la rupture de disque comme une véritable urgence chirurgicale. L’intervention consiste à retirer l’os au-dessus du canal vertébral pour extraire le disque et libérer la moelle.

Après la chirurgie, l’ACVS indique que la plupart des animaux sortent après 3 à 7 jours. Le repos strict dure au moins 4 semaines, avec si nécessaire une vidange de la vessie 3 à 4 fois par jour et de la rééducation pour la force et la souplesse musculaires. Cornell mentionne ensuite un programme de promenades très progressif, éventuellement de la rééducation (laser, tapis roulant sous l’eau). La récupération se compte en semaines, voire en mois.

Les chances de récupération

Selon l’ACVS, si le chien perçoit encore la douleur, la chirurgie permet à 90 % d’entre eux de remarcher, avec parfois une démarche encore chancelante ; le traitement médical strict permet à 60 à 80 % de retrouver l’usage de leurs membres. Si la sensibilité à la douleur est perdue, 50 à 60 % récupèrent après chirurgie, contre moins de 10 % avec un traitement médical seul. La récupération est en général beaucoup plus longue sans chirurgie. Environ 25 % des chiens connaissent une nouvelle hernie plus tard.

Soins particuliers d’un chien paralysé

  • Un chien qui ne peut plus utiliser ses postérieurs peut ne plus uriner correctement. Il faut alors vider sa vessie plusieurs fois par jour. Le risque d’infections urinaires chroniques et de brûlures de la peau par l’urine est plus élevé : parlez-en à votre vétérinaire, qui vous montrera les gestes.
  • Un chien qui ne peut pas se retourner seul risque des escarres. Une surface molle et bien rembourrée aide à les limiter.
  • Certains chiens ressentent des fourmillements qui disparaissent ou persistent et peuvent mener à l’automutilation.
  • Les complications possibles après chirurgie incluent une infection de la plaie et une démarche encore chancelante ou des orteils qui traînent.

Réduire le risque

Il est difficile de prévenir une atteinte de la colonne, mais on peut réduire le risque. Cornell conseille de garder le chien mince et en forme, de limiter les escaliers et les sauts sur un lit, un canapé ou depuis une terrasse, et de privilégier des activités raisonnables : la marche convient à tous les chiens, les bonds pour attraper un jouet beaucoup moins. L’ACVS recommande, après une hernie, la perte de poids, un harnais plutôt qu’une laisse fixée au collier, et moins de sauts depuis les meubles. Au premier signe de douleur dorsale, contactez le vétérinaire. Une perte de contrôle urinaire ou une faiblesse des pattes arrière sont un motif de consultation en urgence. Voir aussi la fiche incontinence urinaire : une lésion de la moelle peut perturber la miction.

Questions fréquentes

Une hernie discale se soigne-t-elle sans opération ?

Dans les cas légers d’un premier épisode, le traitement médical (repos strict, antidouleurs) est une option, selon l’ACVS et Cornell. Au-delà, c’est le vétérinaire, ou le chirurgien vers lequel il oriente, qui décide.

Mon chien peut-il remarcher après une paralysie ?

Souvent oui s’il ressent encore la douleur : l’ACVS cite 90 % de récupération après chirurgie. Si la sensibilité à la douleur est perdue depuis un certain temps, le pronostic est plus réservé.

Combien de temps dure la convalescence ?

Elle se compte en semaines à mois. Après chirurgie, le repos strict dure au moins 4 semaines, puis l’exercice est repris progressivement sous contrôle du vétérinaire.

Sources (consultées le 7 octobre 2026) : Cornell University College of Veterinary Medicine, Intervertebral disc disease ; American College of Veterinary Surgeons, Intervertebral Disc Disease.

Races particulièrement prédisposées

D'après les affections sur-représentées par race (Dog Aging Project). Le facteur « × » indique combien de fois l'affection y est plus fréquente que dans la moyenne des chiens. Une prédisposition n'est pas une fatalité.

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Anticiper les frais de santé

Les soins liés à une affection comme « Hernie discale (IVDD) » peuvent représenter un budget. Deux leviers concrets : une assurance santé pour chien qui couvre une partie des frais vétérinaires, et une alimentation adaptée qui soutient la prévention.

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Information générale à visée éducative, ne remplaçant pas une consultation. Les prédispositions par race proviennent du Dog Aging Project (McNulty et al., 2023, CC BY). En cas de doute sur la santé de votre chien, consultez un vétérinaire.

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